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Le congé supplémentaire de naissance : un ou deux mois de plus, et une date à ne pas rater

Le bébé a quatre mois, le congé maternité est fini et la crèche commence en septembre : entre les deux, il y a ce trou que toutes les familles connaissent. Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau congé indemnisé vient s'y loger — un ou deux mois, et chaque parent a le sien. Ce que disent l'Assurance Maladie et le ministère du Travail et des Solidarités : la date de naissance qui départage tout, les 70 % puis 60 % du salaire net, et les délais qui filent plus vite qu'on ne croit.

Portrait illustré de Dr. Manon Reyes

Dr. Manon Reyes

29 juillet 2026 6 min de lecture

Parent portant son bébé dans une cuisine lumineuse, scène du quotidien, lumière douce et naturelle

Le bébé a quatre mois. Le congé maternité s'est terminé il y a quelques semaines, la place en crèche commence en septembre, et entre les deux il y a ce trou que presque toutes les familles connaissent : celui qu'on bouche avec des jours de congés posés à contrecœur, une grand-mère qui décale ses vacances, un ami qui dépanne un mardi, et beaucoup trop de tableaux sur le téléphone.

Depuis le 1er juillet 2026, il existe une réponse de plus. Elle s'appelle le congé supplémentaire de naissance, elle est indemnisée, et beaucoup de parents qui y ont droit ne savent pas encore qu'elle existe. Ce n'est pas une révolution : c'est un mois, ou deux. Mais un ou deux mois posés exactement à cet endroit de l'année, ce n'est pas rien.

Le trou du quatrième mois

En France, le congé de maternité de droit commun dure seize semaines pour un premier enfant, et le congé de paternité et d'accueil de l'enfant vingt-cinq jours. Autrement dit : autour du quatrième mois, la plupart des familles sont censées avoir trouvé une solution. Sauf que les places en crèche s'attribuent en septembre, que les assistantes maternelles se réservent longtemps à l'avance, et qu'un bébé de quatre mois, lui, n'a jamais entendu parler du calendrier scolaire.

C'est dans ce décalage — pas dans un grand débat de société, juste dans quelques semaines de calendrier mal ajustées — que vient se loger le nouveau dispositif.

Un ou deux mois, en plus et après

Le principe tient en une phrase : une fois le congé de maternité, de paternité ou d'adoption entièrement pris, un parent peut ajouter un mois — ou deux — de congé indemnisé. Le dispositif est ouvert depuis le 1er juillet 2026, et le cercle des bénéficiaires est plus large qu'on ne le croit : salariés, fonctionnaires et agents contractuels de droit public, travailleurs indépendants, non-salariés agricoles, artistes-auteurs — et l'Assurance Maladie cite également les demandeurs d'emploi. Il vaut aussi pour l'adoption.

  • Un ou deux mois, au choix — et fractionnables en deux périodes d'un mois, si un seul bloc ne s'organise pas.
  • À commencer dans les neuf mois qui suivent la naissance ou l'arrivée au foyer : c'est le début du congé qui doit tenir dans ce délai, pas sa fin. Ce délai est allongé lorsque le congé légal l'est lui-même, par exemple en cas de naissances multiples.
  • Après le congé de maternité, de paternité ou d'adoption — jamais à la place.
  • Indemnisé, mais pas au niveau du salaire : 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second.

La date qui départage tout

C'est la ligne à lire en premier, parce qu'elle sépare plus de familles que toutes les autres réunies : le congé concerne les enfants nés — ou arrivés au foyer, pour une adoption — à partir du 1er janvier 2026. Avec une nuance qui compte pour les naissances prématurées : si votre enfant est né avant cette date mais que l'accouchement était prévu à partir du 1er janvier 2026, le droit est ouvert quand même. Pour les autres, la limite est nette, et c'est ainsi que fonctionnent les dates d'entrée en vigueur ; autant le savoir avant de bâtir un planning dessus.

Pour les enfants nés entre janvier et juin 2026, le dispositif n'existait pas encore à leur naissance : la fenêtre a été décalée. Ces familles peuvent poser leur congé du 1er juillet 2026 jusqu'au 31 mars 2027. Pour les enfants nés à partir du 1er juillet, on revient au principe général — neuf mois à compter de la naissance.

Chaque parent a le sien

C'est peut-être le point le plus intéressant, et le moins commenté. Ce n'est pas une enveloppe commune que le couple se répartit : chaque parent ouvre son propre droit. Le second parent n'utilise pas « les mois de la mère », et inversement. L'Assurance Maladie parle bien d'une période que chacun des deux parents peut ajouter. Et comme les deux droits sont indépendants, leur calendrier l'est aussi : à chaque famille de voir ce qui s'organise le mieux.

Dans la pratique, ça déplace une conversation. Les congés d'après-naissance se sont longtemps négociés à la maison comme un gâteau à découper, avec les arbitrages de salaire et de carrière que ça suppose — et un résultat assez prévisible sur celui des deux qui finit par s'arrêter. Ici, la question n'est plus « lequel de nous deux », mais « chacun, quand ». Ce qui ne règle rien tout seul, évidemment. Poser la question autrement, cela dit, c'est déjà autre chose.

Et si vous élevez votre enfant seul·e, le raisonnement ne change pas : votre droit est le vôtre, il ne dépend pas de ce que fait — ou ne fait pas — l'autre parent.

Un congé, ce n'est pas seulement du temps qu'on prend. C'est du temps qu'on n'a plus à négocier.

Ce que ça donne, concrètement

Autant le dire franchement : ce n'est pas un maintien de salaire. Le premier mois est indemnisé à 70 % du salaire net, le second à 60 %, et dans les deux cas dans la limite du plafond mensuel de la sécurité sociale, dont la valeur est de 4 005 € au 1er janvier 2026. Ces pourcentages sont ceux des salariés : si vous êtes indépendant·e ou artiste-auteur·e, le calcul part de vos revenus d'activité, et la demande se fait directement auprès de votre caisse — sans employeur à prévenir. Pour beaucoup de familles, c'est un budget à regarder à deux, posément, avant de poser quoi que ce soit — pas une formalité administrative.

Cela reste, pour certains, moins coûteux qu'un mois sans solde ou qu'un mode de garde improvisé dans l'urgence. Mais ce calcul-là, personne ne peut le faire à votre place : il dépend de votre salaire, de votre plafond, et de ce que coûte réellement l'alternative chez vous.

Les délais qui filent vite

Un dispositif neuf, ce sont des échéances que personne n'a encore en tête. Trois méritent une note dans un coin du téléphone.

  • Prévenir l'employeur au moins un mois avant le début du congé — ou quinze jours seulement lorsque le congé s'enchaîne directement après le congé de paternité, d'accueil de l'enfant ou d'adoption.
  • Avoir soldé son congé de maternité, de paternité ou d'adoption : le congé supplémentaire vient après, il ne le remplace pas.
  • Ne pas le faire coïncider avec la PreParE, la prestation partagée d'éducation de l'enfant : les deux ne se cumulent pas sur une même période, mais peuvent se suivre.

Restent les conditions d'ouverture de droits — durée d'affiliation, activité récente — qui reprennent la logique de celles déjà en vigueur pour le congé de maternité ou de paternité. Elles ne parlent à personne tant qu'on ne les a pas vérifiées pour son propre cas, et c'est exactement ce qu'il vaut mieux faire avant d'annoncer quoi que ce soit à son employeur.

Un mot, enfin, qui mérite d'être dit : ce congé est une possibilité, pas une consigne. Il y a des familles pour qui deux mois de plus à la maison sont précisément ce qui manquait. Il y en a d'autres pour qui reprendre le travail est un soulagement dont on parle rarement à voix haute. Ce sont deux réponses valables à la même question, et personne d'autre que vous n'a les éléments pour trancher.

Portrait illustré de Dr. Manon Reyes

L'auteur

Dr. Manon Reyes

Écrit avec soin pour Ma Parentalité, le média de la parentalité d'aujourd'hui — sans injonction, à votre rythme.

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